La Formula X de Fangchengbao, la sous-marque de BYD, est exposée au Salon automobile de Pékin, le 24 avril 2026 ( AFP / JADE GAO )
Des centaines de personnes se prennent en selfie aux côtés d'élégants véhicules électriques bardés de technologies, appelés à tenir la vedette du salon automobile qui s'est ouvert vendredi à Pékin, le plus grand au monde.
Des rangées d'influenceurs posent devant des modèles rutilants, se précipitant vers des valises remplies de tenues pour se changer entre les prises.
Des managers survoltés tentent, plantés devant d'immenses écrans dans les halls du centre international des expositions, de séduire les acheteurs sur un marché impitoyable.
Les géants occidentaux comme Volkswagen, Toyota et BMW ont dominé le marché chinois pendant des années. Mais ils ont perdu du terrain face aux constructeurs locaux, plus rapides sur la transition vers l'électrique et aux modèles moins chers.
Les firmes chinoises comme BYD, Xiaomi et Xpeng sont à la pointe de l'intégration des logiciels d'intelligence artificielle (IA) et des technologies de conduite autonome dans leurs véhicules électriques.
Le salon automobile de Pékin s'étend sur 380.000 mètres carrés - soit l'équivalent de plus de 50 terrains de football.
Le PDG de XPeng, He Xiaopeng, prend la parole lors du lancement du Xpeng GX, à l'ouverture du Salon de l’automobile de Pékin, le 24 avril 2026 ( AFP / Danai Howard )
Plus de 1.400 véhicules de centaines de constructeurs étrangers et chinois seront présentés au grand public du 28 avril au 3 mai.
- Objectif Europe -
Les visiteurs ont acclamé He Xiaopeng, le fondateur de XPeng, quand il est monté sur scène aux côtés du tout dernier véhicule électrique du constructeur chinois: le GX, un imposant SUV à six places qui intègre des technologies d'intelligence artificielle et vise le marché du luxe.
Le GX sera suivi par des robots humanoïdes dès cette année, puis par des voitures volantes que XPeng, fondé il y a une décennie à peine, espère commencer à produire à grande échelle l'année prochaine, a promis M. He.
Les marques chinoises vont se livrer une concurrence acharnée pendant tout le salon pour impressionner les visiteurs, à coups de fonctions de conduite autonome, de vitesse de recharge de batterie ou de confort à bord.
Les constructeurs étrangers, quant à eux, multiplient les collaborations avec des entreprises chinoises afin de ne pas rester à la traîne en matière de progrès technologiques.
Un SUV Mercedes exposé au salon automobile de Pékin, le 24 avril 2026 ( AFP / JADE GAO )
BMW s'est par exemple associé au géant chinois des batteries CATL. Son compatriote allemand Audi utilise les systèmes d'aide à la conduite de Huawei et Volkswagen développe des véhicules électriques avec Xpeng.
Brian Gu, président de XPeng, a déclaré aux journalistes que les entreprises mettent aujourd'hui "à profit leurs atouts respectifs pour collaborer avec la Chine", en Chine comme à l'étranger. Cette tendance, a-t-il ajouté, ne fera que s'accentuer.
"L'année dernière, l'Europe représentait près de 50% de nos ventes mondiales", a-t-il souligné, prédisant une "accélération de la croissance" sur le Vieux Continent car Xpeng compte "lancer encore plus de nouveaux produits pour le marché européen" en 2026.
- Fidéliser, réguler -
La Chine "est devenue un marché axé sur la fidélisation de la clientèle" ainsi que sur "la montée en gamme, et ces gros SUV répondent à ce besoin", a écrit cette semaine l'analyste indépendant Lei Xing dans une note.
Les constructeurs chinois de voitures électriques ont conquis le marché intérieur ces dernières années grâce à des offres de reprise, proposant d'importantes remises aux clients qui acceptent de céder leur ancien véhicule pour un neuf.
Cette féroce guerre des prix a conduit le gouvernement chinois à demander l'année dernière un renforcement du contrôle des prix et une meilleure régulation à long terme de la concurrence.
Lei Jun, PDG du fabricant chinois d’électronique Xiaomi, présente la Vision Gran Turismo au salon automobile de Pékin, le 24 avril 2026 ( AFP / JADE GAO )
Cela n'empêche toutefois pas de nouvelles marques de véhicules électriques de se créer en Chine, souligne Lei Xing, qui dit en avoir recensées au moins huit durant les deux dernières années.
Les constructeurs de voitures électriques profitent également de la flambée des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient qui rend les modèles essence moins attrayants aux yeux de certains conducteurs.
Les technologies chinoises dévoilées vendredi ne se cantonnaient pas à la route.
Des dizaines de personnes ont fait la queue pour prendre place dans un imposant taxi volant de 10 places conçu par la start-up chinoise AutoFlight, une innovation au coeur de la vaste offensive du pays pour dominer l'économie dite "de basse altitude".

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